Les bars branchés au Japon - Laura Franklin
Laura Franklin

Les bars branchés au Japon

Les bars branchés au Japon - Laura Franklin

J’avais découvert pendant un séjour à Paris, des bars japonais d’un genre très spécial. Les izakayas servent des nouilles et des brochettes principalement. Il y en a de plusieurs sortes. Au Japon, les travailleurs sortent le soir dans ces bars, pour s’y retrouver autour d’un repas. J’avais adoré certains de ces établissements. Ils possédaient un charme et un dynamisme si agréable. Le raffinement de la nourriture et la qualité du service, l’atmosphère un peu bruyante, tout concourt pour passer un moment agréable. J’avais été initié à ses bars par un ami qui habitait à Paris, depuis une dizaine d’années maintenant. Une opportunité de travail m’ayant amené à voyager dans cette ville mythique, j’en profitais pour revoir mon vieux copain. Il habitait un appartement confortable situé dans le quatorzième arrondissement, près de la tour Montparnasse. J’appréciais ce quartier où les artistes habitaient au dix-neuvième siècle. Il avait d’ailleurs été baptisé ainsi, car il abritait ceux qui étaient inspirés par les muses. Dans la mythologie grecque, ce mont était leur demeure.

Je racontais tout cela à ma sœur avec qui je dînais. Nous ne nous étions pas vus depuis au moins deux mois, et elle avait un air fatigué. Je lui en fis la remarque. Elle m’avoua qu’elle aurait bien aimé prendre quelques jours de repos, mais qu’elle ne savait pas comment s’organiser. Elle élevait seule sa fille, et ce n’était pas évident de trouver une personne qui s’occuperait de l’enfant pendant toute la semaine. Je ne pouvais pas me proposer, mes horaires de travail irréguliers étant incompatibles avec la charge d’un enfant. Nos parents habitaient trop loin pour lui rendre ce service. J’avais une amie qui était en recherche d’emploi. Elle avait gardé de nombreux enfants pendant sa jeunesse. J’en parlais à ma sœur qui fut tout de suite emballée par cette idée. Nous l’avons appelée immédiatement.

Elle était libre, justement. Ma sœur organisa la garde de sa fille et souhaita rencontrer mon amie. Elles se verraient ce soir. Nous avons continué notre discussion, avec ma sœur. Elle avait remarqué que j’avais une tache solaire qui s’était formée près de mon œil gauche ; elle me donna l’adresse d’un spécialiste qui pourrait s’en occuper avec efficacité. Nous nous sommes promis de nous revoir plus souvent. Depuis, environ une fois par semaine, nous dînons ensemble. Ce rendez-vous fraternel est devenu incontournable, et nous ne le manquerions pour rien au monde. Sauf, peut-être, un petit voyage…