Un autre retour dans le temps - Laura Franklin
Laura Franklin

Un autre retour dans le temps

Un autre retour dans le temps - Laura Franklin

Mes parents avaient eu une maison de campagne que j’avais adorée. Elle était située près d’une petite ville, où les commerces étaient florissants. La plupart des commerçants étaient des gens simples et sympathiques. Cette demeure, mes parents l’ont gardée pendant dix ans. Ils eurent des difficultés pour se déplacer régulièrement dans cette province éloignée de celle où nous habitions. Bien sûr, mes souvenirs étaient tous teintés d’une nostalgie que je ressentais rien qu’en regardant les photographies prises dans le jardin. L’une d’elles nous représente, avec ma sœur, et nous posons sous le grand pommier. Elle porte un ruban rose dans les cheveux, qui s’envole, tandis que j’ai un grand chapeau, une sorte de capeline, sur la tête. Je ne sais pas ce que ma mère a fait de ce chapeau. Je le portais à cause de la grande chaleur qui régnait, l’année où le cliché avait été pris.

En pensant à cette maison, je tapais, sur le clavier de mon ordinateur, son adresse. Sur Internet, je vis des images et une annonce de mise en vente. Par curiosité, je pris un rendez-vous, avec le courtier qui la vendait, pour la visiter. J’eus une réponse très rapide et je le rencontrais un samedi. C’était l’été, une saison estivale chaude et ensoleillée, comme lorsque je portais la capeline. Le portail de la propriété avait été changé. La rue était bordée de trottoirs, ce qui n’était pas le cas quand j’étais petite. Les arbres du voisin avaient poussé, et ceux du jardin de la maison aussi, si bien, qu’elle était devenue invisible de la rue. Je poussais les battants du portail et je replongeais dans mon enfance.

Le jardin avait évolué, mais je reconnus la grande terrasse, bien entretenue, et surtout, la demeure elle-même, en pierre et en ardoise. Ses grandes vitres apportaient de la lumière dans la maison qui aurait pu être austère, à cause de sa simplicité. J’avais de nouveau l’impression d’être transportée dans un autre temps. Comme je savais que ma planification financiere m’avait permis d’avoir un apport important, je pensais à acquérir la demeure, et j’en demandais le prix au courtier. Celui qu’il m’annonça était largement dans mes moyens, je n’avais même pas à emprunter une partie de la somme à la banque. En moins de trois mois, les papiers furent signés et je fus propriétaire de cette maison, emplie de souvenirs, mais que je sus transformer pour qu’elle corresponde à mes envies.